Élargissement de la consigne : on maintient le cap !

Récemment, nous avons eu l’occasion de visiter l’ensemble des projets-pilotes dédiés à l’élargissement de la consigne. Même si le but n’était pas strictement récréotouristique, je tiens à souligner la très grande générosité et serviabilité des personnes qui nous avons rencontrées. Si cet aspect est reproduit à l’ensemble des futurs centres de dépôt, ce sera là un gage de succès.

L’objectif de ces visites était d’en faire une analyse externe sur un ensemble d’éléments. Les informations recueillies seront traitées au cours des prochaines semaines et un rapport sera rendu public au cours de l’automne.

Or, nous pouvons d’ores et déjà soulever quelques points qui mériteraient que l’on s’y attarde rapidement, si ce n’est pas déjà fait.

Enjeu de communication

D’entrée de jeu, ce qui est ressorti à la suite des conversations et témoignages, est le peu d’effort qui serait mis sur le plan des communications afin de faire connaître l’existence de ces projets-pilotes à la population en général. Si l’objectif de ces derniers est de notamment déterminer quel type de matériel est le mieux adapté dans tel milieu avec telle clientèle, il serait bien que la clientèle soit au rendez-vous. Non pas que les centres de dépôt soient déserts, mais bien souvent, les gens qui s’y présentent sont déjà bien sensibilisés concernant le dossier de la consigne. Dans d’autres cas, les usagers n’ont tout simplement pas le choix de se rendre à ces points de dépôt alors que les détaillants de la localité visée refusent, depuis le début du projet-pilote, d’accepter le retour des contenants consignés chez eux.

Les délais d’implantation

Plusieurs nous ont relaté également les délais parfois très longs pour faire partie officiellement des projets-pilotes et des dédales administratifs entourant leur mise en place. Certains ont indiqué que ce processus aurait pris des mois. Lorsque l’on sait que l’élargissement de la consigne doit progressivement entrer en vigueur à partir de l’automne 2022, des efforts et des ressources supplémentaires devront certainement être déployés très prochainement à cet effet.

Les CRM

Dans certains cas où les contenants à remplissage multiple (CRM) de bière sont récupérés, plusieurs questions sont restées en suspens. En fait, il n’était pas vraiment clair si les centres de dépôt allaient récupérer ou non les CRM à la fin des projets-pilotes. Le communiqué de presse de janvier 2020 stipule clairement que le système privé de consigne (sur les CRM de bière et d’eau) sera maintenu. Même s’ils sont récupérés dans certains centres de dépôt, leur récupération par leurs embouteilleurs ne semblait pas si évidente que ça…

Destination des contenants

De ce qui a été constaté, chaque projet-pilote a sa propre logistique quant à la transmission des contenants qu’il récupère vers des conditionneurs. Certains font même affaire avec des centres de tri pour certains types de contenants, ce qui semble pour le moins contre-intuitif, pour ne pas dire absurde. Certains récupéraient de façon pêle-mêle, d’autres faisaient un tri par matière. Dans tous les cas, les projets-pilotes semblent avoir développé leur propre partenariat avec des conditionneurs ou des recycleurs pour la disposition des contenants qu’ils récupèrent. Au stade où en sont les projets-pilotes, cela est tout à fait compréhensible. Toutefois, lorsque la consigne sera élargie et que ce seront 4 milliards de contenants qui seront consignés, il sera impératif de formaliser la récupération de ceux-ci vers les conditionneurs et recycleurs dédiés. Il serait aussi très pertinent de s’assurer dès maintenant de l’existence de ces derniers et de leur capacité de traitement.

Implication des organismes d’économie sociale

Le fait que des organismes d’économie sociale aient été choisis pour s’occuper de projets-pilotes est une excellente chose. Je me souviens, il y a une vingtaine d’années, il avait été question que le défunt Réseau des ressourceries du Québec fasse partie d’un éventuel réseau de centres de dépôt dans la province. Les entreprises d’économie sociale sont des ressources qu’il ne faut pas oublier et qui ajoutent une plus-value sociale à celle environnementale. Toutefois, le fait qu’elles bénéficient parfois de programmes gouvernementaux pour leur main-d’œuvre ne doit pas être l’unique raison pour les considérer. Si elles doivent faire partie de l’équation d’un système élargi de consigne, elles doivent être rémunérées à leur juste part. Il ne faut pas perdre de vue que la consigne est l’application du principe de la responsabilité des producteurs et que ceux-ci doivent assumer l’entièreté des coûts reliés à la récupération de leurs contenants.

Point de dépôt pilote de Mont-Laurier. Des gobeuses reprennent les contenants de plastique et d’aluminium actuellement consignés. Les clients sont invités à déposer les contenants couverts par la consigne élargie dans les boîtes prévues à cet effet.

Pour conclure cet éditorial qui n’en est pas vraiment un, nous avons été somme toute satisfaits de ce que nous avons vu, de l’efficacité des systèmes après seulement quelques semaines de rodage, mais surtout de l’engouement démontré par les personnes venues y déposer leurs contenants de boisson. Il s’agit bien sûr de projets-pilotes avec de grandes différences afin de tester justement lequel des équipements sera le mieux adapté pour répondre aux besoins dans telle ou telle situation, mais il serait important de s’assurer dès maintenant du déploiement de centres de dépôt à travers la province et de la disposition coordonnée et ordonnée des milliards de contenants qu’ils récupéreront.

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