Saviez-vous que les Talibans sont plus que jamais présents au Canada ? Qu’ils ont investi la plupart de nos industries, de nos centres de pouvoir et qu’ils sont même très près de notre gouvernement, pour ne pas dire en son sein même ? Sans trop que l’on s’en rende compte, ils sont revenus et changent très rapidement notre société, notre environnement, comme s’ils avaient du temps à rattraper, un système à corriger.
En fait, les Talibans ont toujours été parmi nous. Ils ne nous ont pas envahis, ils ont simplement profité de la grande tempête au Sud pour se manifester sans trop d’opposition. Et ils sont habiles, sous des couverts de politiques d’indépendance économique, d’affirmation de notre souveraineté ou encore d’autosuffisance énergétique ou alimentaire, ils nous entraînent vers un État de non-droit. Certains parlent même de dérive autoritaire.
Comment cela est-ce possible ? Eh bien, pendant des décennies les Talibans ont agi dans l’ombre, souvent à leur plus grand dam. Ils étaient actifs, détrompez-vous, mais dans les limites du raisonnable, ou presque. Même si certains les avaient à l’œil, on ne pouvait se douter de rien. Encore moins imaginer de quoi ils pouvaient être capables. Ils construisaient, investissaient, créaient une certaine forme de richesse, mais une richesse qui ne percolait jamais jusqu’à la base. Pour ça, non, il fallait encore créer plus de richesse. En fait, comme je l’ai déjà écrit, la richesse ne se crée pas, elle est dérobée quelque part, et, plus souvent qu’autrement, au détriment de notre environnement et de notre biodiversité. Paradoxalement, cette soi-disant création de richesse nous appauvrit collectivement sur plusieurs plans. La vraie richesse ne se fait pas au détriment de la nature qui nous entoure, mais elle se construit avec elle.
Mais on fermait les yeux, trop contents de rouler dans la voiture de l’année ou d’attendre impatiemment l’objet inutile, suremballé, mais pas cher, que l’on a commandait en ligne depuis la Chine. Pourquoi s’en faire, ne recycle-t-on pas tout ça à la maison ? Notre confort était important, pour le reste, les médias sociaux s’occupaient de nous maintenir dans une oisiveté lénifiante.
Les Talibans eux, pendant ce temps, espéraient en secret le jour de leur libération de leurs cellules dépourvues de barreaux, la fin de leur purgatoire. Trop longtemps, estimaient-ils, les politiques publiques avaient été dictées selon des principes d’équité, de respect de l’environnement et d’inclusion. Une dictature de wokes pensaient-ils. Difficile dans ces conditions de sortir au grand jour et de remettre tout ça en question. Bien sûr, certains le faisaient, parfois avec succès, mais ce n’était pas suffisant. Ils en voulaient encore et toujours plus. Car enfin, qui de mieux placés que ces Talibans pour comprendre les besoins de la population tout entière ?
Mais les Talibans ne sont pas restés les bras croisés pendant toutes ces années. Ils se sont regroupés, ont formé des associations, la plupart avec des termes évoquant l’environnement dans leur raison sociale. Et ça a marché. La confusion des genres avait commencé à faire son œuvre. Les grands consortiums industriels devenaient des bienfaiteurs de notre collectivité et de notre environnement. L’économie s’est adaptée elle aussi, mais en apparence. Mais, elle est toujours demeurée une économie de marché, basée sur l’extraction, la production, la consommation et la disposition, tout ça toutefois en revêtant une couleur verte.
Aussi, comme tout vient à point à qui sait attendre, la tempête parfaite est finalement arrivée pour les Talibans. Elle est venue du Sud. Alimentée, elle aussi, par des Talibans à coups de milliards, de réalités alternatives et de promesses qui n’auront finalement jamais été tenues, au contraire.
Puis rapidement, la tempête s’est mise à avoir des effets ici. Pour y faire face, on a évoqué l’intérêt national, notre sécurité ou encore notre nécessaire autonomie comme si nous préparions à une guerre. Le plus drôle, c’est qu’en fait, il n’y avait pas d’ennemis, cela était juste un stratagème des Talibans de tous horizons pour asseoir leur pouvoir et leur domination. Leur objectif commun : reprendre le temps perdu par des années d’avancées sociales et politiques.
Avancées qui étaient d’autant de reculs pour les Talibans. Alors ils les ont fait sauter comme on a fait sauter les Bouddhas géants de Bâmiyânm. Mais ici, c’était à coups de lois facilitant la réalisation de grands projets qui ne serviront que leurs promoteurs en affaiblissant les règles environnementales et les mécanismes de participation citoyenne. Tout maintenant se justifie par l’obscure notion d’intérêt national ou celle de l’autonomie. L’annonce d’un pipeline a eu raison d’un des ministres les plus efficaces et conséquents depuis longtemps. Là, on s’attaque aux pesticides, plus correctement, on facilite leur usage au nom de l’autonomie alimentaire. Aucun ministre ne songe s’y interférer. Et ce n’est qu’un début.
Mais attention, le Québec n’est pas en reste. Les Talibans sont bel et bien ici aussi, il ne faut pas en douter. Déjà, avec le projet de loi no 5, celui appelé Loi visant à accélérer l’octroi des autorisations requises pour la réalisation des projets prioritaires et d’envergure nationale, qui heureusement, est mort au feuilleton, leur présence dans l’appareil d’État ne laisse aucun doute.
Peu importe le gouvernement en place à Québec cet automne, il sera contrôlé par les Talibans. Soyez-en avertis, la question de la salubrité publique, de l’urgence nationale, aura raison de toute réflexion sur une planification digne de ce nom dans le domaine de l’élimination de nos déchets dans la province.
Préparons-nous, les Talibans sont de retour, pour preuve, allez jeter un coup d’œil à ce tout nouveau décret 893-2026 de ce 30 juin 2026…
Éditorial paru dans l’infolettre de juin 2026
