La régionalisation est un des quatre principes prônés par le FCQGED afin d’assurer une gestion écologique des déchets au Québec. Au niveau de l’élimination, ce principe désigne l’idée selon laquelle les matières générées par une municipalité ou par une MRC devraient idéalement être prises en charge sur ce même territoire. Appliqué à l’échelle de la province, ce principe résulterait en une augmentation du nombre de lieux d’élimination de faible envergure et en une diminution du nombre d’installations desservant de multiples régions.
De manière générale, le discours sur la régionalisation cherche à concilier deux problématiques opposées deux opposées. D’une part, un traitement des matières résiduelles trop éloigné du lieu de génération pourrait entraîner des conséquences négatives au niveau de l’acceptabilité sociale et de la responsabilisation des générateurs. De l’autre, une élimination planifiée à une échelle trop locale pourrait multiplier les risques et les impacts négatifs des installations.
Afin d’évaluer le mérite de ces positions, nous avons effectué une analyse exploratoire de la littérature portant sur la régionalisation de l’élimination. Nous nous sommes notamment penchés sur l’acceptabilité sociale, sur la gestion des nuisances et des risques environnementaux, sur la question des coûts et sur la réduction à l’élimination.
Sur le plan de l’acceptabilité sociale, nous notons qu’une infrastructure d’élimination devrait être proportionnelle aux besoins de sa communauté d’accueil. Un projet qui, contrairement à cette recommandation, est perçu comme répondant principalement à un besoin « externe » est plus susceptible d’être rejeté par la population.
Au niveau des nuisances et des risques environnementaux, une réduction du nombre total de lieux d’élimination peut présenter certains avantages si on considère l’exposition aux impacts négatifs en termes du nombre de personnes affectées. Néanmoins, des plus petits sites d’élimination semblent entraîner des nuisances et des niveaux de pollution proportionnellement beaucoup plus faibles que les grands sites.
Économiquement, bien que les grands sites puissent bénéficier d’économies d’échelle, il faut éviter de surestimer l’impact de ces dernières. Plusieurs facteurs, comme les coûts de transport, les externalités négatives et l’acceptabilité sociale doivent être considérés afin d’obtenir une perspective économique holistique.
Finalement, pour ce qui est de la réduction à l’élimination, le peu d’écrits portant sur le sujet ne permet pas d’avancer un lien empirique direct avec la régionalisation. Nous jugeons tout de même que cette dimension mérite d’être considérée dans l’analyse des projets d’élimination au Québec. En effet, malgré l’absence de preuve statistique forte, certains éléments tangentiels donnent une crédibilité à l’idée que ce facteur pourrait avoir son importance.
