Nous n’avons plus le droit d’être indifférents

Deux sondages ont été publiés ce mois-ci concernant les habitudes citoyennes en matière, notamment, de récupération. Les données sont claires : la grande majorité des Québécois.es font le tri des matières recyclables à la maison. Voilà un geste bien implanté, et nous sommes nombreux à nous en enorgueillir. Pourquoi, alors, est-il si difficile d’implanter d’autres gestes responsables en lien avec les matières résiduelles?

Trop souvent nous sommes témoins de réactions négatives lorsqu’il est demandé à des citoyens de modifier leurs habitudes dans la gestion de leurs déchets. Demandez-le à n’importe quelle administration municipale, si un jour un camion de poubelles ne passe pas sur une rue, l’hôtel de ville risque d’être inondé d’appels.

Pourtant, en environnement, notamment dans le domaine de la gestion des matières résiduelles, les choses changent, évoluent. Ce qui prévalait il y a 20, 10 ou même parfois 5 ans ne marche plus aujourd’hui. Et dans la plupart des cas, c’est une bonne chose.

Partout on entend que notre développement n’est pas soutenable, qu’il faut faire quelque chose pour notre planète, etc. Note : entre vous et moi, je m’en ferais plus pour l’espèce humaine que pour notre planète qui nous survivra de toute façon… Mais quand on nous demande de changer nos habitudes (surtout avec nos poubelles), on parle toujours d’un effort, de quelque chose de négatif. Le troisième bac, c’est compliqué, le recyclage, c’est compliqué, espacer les collectes de vidanges, mon Dieu ! Touchez pas à ça !

Alors quoi, on ne fait rien ? Quand on demande aux gens quel est le plus gros problème environnemental en ce moment, à coup sûr, on se fait répondre les changements climatiques. Quand on demande aux gens ce qu’ils font à leur niveau pour lutter contre ça, la plupart du temps on reçoit une réponse en lien avec le recyclage à la maison, les habitudes de consommation.

On veut faire quelque chose, on veut que ça change, mais le « on » exclut trop souvent la personne qui parle. Le Devoir citait récemment une étude de l’Institut de la statistique du Québec qui disait que le nombre de VUS avait augmenté de 140 000 en 2020 au Québec. Sur 10 ans, il s’agit d’un accroissement de 170 % pour ce genre de véhicules énergivores !

Pourtant, si on veut que ça change, il va falloir qu’on parle en utilisant un « on » inclusif. Le vrai changement commence quand chacun d’entre nous commence véritablement à changer. À attendre les autres, il ne se passera rien, au contraire. Ce ne sont pas les groupes environnementaux non plus qui feront le changement nécessaire. Au mieux, ils jouent le rôle du canari dans la mine ou du tambour qui appelle à la mobilisation générale.

Il faut apprendre à vivre avec le changement et arriver à le contrôler.

Nous subissons malheureusement les contrecoups de l’insouciance ou de l’ignorance des générations qui nous ont précédés. Nous ne pouvons leur en vouloir, car ils ne pouvaient le savoir. Or nous, nous le savons. Nous savons ce qui arrivera si nous n’agissons pas, c’est là toute la différence.

Aussi, et pourquoi pas, une plus grande participation des citoyens dans leur implantation fera en sorte de développer une plus grande responsabilisation et cela aura un impact sur la consommation.

En tout cas, nous n’avons rien à perdre à essayer.

Partagez

Débutez votre recherche :

Abonnez vous à notre infolettre

Restez à l’affût des dernières nouvelles en gestion des matières résiduelles.

À noter dans vos agendas!