Et pourquoi pas un édito qui traite de contenu ?

Depuis quelques mois, nous nous faisons de plus en plus interpeller par les médias pour des sources de pollutions bien présentes, mais peu visibles. Une pollution dont plusieurs d’entre nous sommes bien inconsciemment des vecteurs. La dernière en date étant l’alcool polyvinylique, ou de son petit nom, le PVA. Le PVA est un polymère soluble – du plastique – utilisé dans l’industrie alimentaire ou encore dans certains produits nettoyants.

Comme le PVA sert en quelque sorte d’enveloppe pour un produit de consommation, comme les dosettes (pods) utilisées pour faire la lessive ou certains aliments, ils sont dissous lors de leur utilisation, relâchant ainsi des centaines de milliers de microparticules à chaque fois. Ces microparticules de plastique qui se retrouvent dans nos cours d’eau et, ultimement, dans notre organisme comme nous sommes au sommet de la chaîne alimentaire. Les PVA, vous l’aurez compris, sont très persistants dans l’environnement.

Il y a quelques années, j’avais été appelé à me prononcer sur ce produit dans le cadre d’un concours, mais très peu d’informations grand public étaient disponibles sur ses impacts et ses propriétés intrinsèques. Aujourd’hui, c’est un peu différent, car ils sont omniprésents. La Ville de New York songe même à bannir la vente de ces capsules de détergents sur son territoire, sous peine d’amendes. Le rejet de microparticules de plastique dans les eaux étant ici la motivation de cette ville à intervenir. Aux États-Unis seulement, il est estimé à 19 000 tonnes par année la quantité de plastiques rejetée dans l’environnement par l’utilisation de ces seules dosettes.

L’an dernier, à peu près à pareille date, on parlait des substances perfluoroalkylées et polyfluoroalkylées, les fameux PFAS. Les PFAS, ne sont pas des polymères ou des plastiques, mais ils se retrouvent pratiquement partout. Notre papier hygiénique serait même une grande source de ces substances dans les stations d’épuration municipales, les industries qui les fabriquent utilisant des produits chimiques pouvant engendrer leur production. C’est du moins ce qu’a révélé une étude parue dans la revue Environmental Science & Technology Letters il y a un an.

Il y a quelques années, c’était les shampoings et certains produits de toilette qui contenaient des microbilles de plastiques. Le gouvernement fédéral est intervenu et une partie du problème a été réglée. Aujourd’hui, quels produits de consommation courante, même s’ils sont vendus dans des emballages recyclables et allant au bac de récupération, renferment une substance dont nous ne soupçonnons même pas l’existence, mais qui peut avoir de graves conséquences sur notre environnement et notre santé ?

Et demain, si nous ne nous attardons pas sur cette question, à quoi ferons-nous face ?

L’idée n’est pas ici de lancer une chasse aux sorcières ou de créer une hystérie collective, mais bien de s’assurer de l’innocuité des produits qu’on nous vend, soient-ils vendus ceux-ci dans des emballages affirmant être respectueux de l’environnement. S’attarder un peu plus aux contenus plutôt qu’aux contenants…

Vaste programme, j’en conviens, mais peut-être devrions-nous commencer à y songer.



Éditorial paru dans l’infolettre de mars 2024

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