J’AIME MON ENVIRONNEMENT, JE CONSOMME AUTREMENT

Ce mois-ci, le Front commun a publié sur son site internet une chronologie de la gestion des matières résiduelles au Québec. Exercice sans prétention qui met également en perspective les actions et les propositions de l’organisme depuis sa fondation en 1991.

Ce que l’on constate, c’est qu’à bien des égards, ces propositions se sont souvent retrouvées intégrées dans des politiques, des règlements ou encore dans des lois qui ont été adoptés par nos gouvernements successifs. Même le transfert de l’entièreté des responsabilités de la collecte sélective municipale vers les producteurs était une mesure que notre organisme préconisait dès 2010 !

Beaucoup dépeignent encore toutefois les organismes environnementaux comme des groupuscules voulant faire revenir notre société à une époque rétrograde, sans voiture ni électricité. Même un ancien ministre de l’Environnement, feu David Cliche, nous a déjà accusés d’être un frein au développement économique dans la foulée du Sommet sur l’économie et l’emploi de 1996.

Sommet où notre proposition d’implantation d’un Réseau des ressourceries à travers le Québec avait pourtant été retenue. C’est quand même bien ce genre d’initiatives que le tout récent rapport du BAPE, 25 ans plus tard, nous enjoint à réaliser pour réduire notre production de déchets !

Les groupes environnementaux ne veulent pas ramener la société en arrière, au contraire, ils veulent la projeter vers l’avenir. Un avenir viable, dont le développement n’est pas toujours guidé par des motivations économiques. Car, en fin de compte, les vrais utopistes ne sont-ils pas ceux qui croient qu’il est possible de continuer à se développer éternellement comme nous le faisons actuellement ?

C’est un peu ce que la commission Zayed nous dit : il faut changer de paradigme dans le domaine de la gestion des matières résiduelles si l’on veut un jour cesser d’être l’un des plus gros producteurs de déchets de la planète. Il faut davantage œuvrer dans des mesures en amont, et non pas en aval. Il faut changer de cap maintenant, pas le maintenir.

Reconnaître que nous avons fait fausse route sur bien des plans requiert une forte dose d’humilité. Humilité — disons-le — dont a fait preuve le ministre Charette lors de sa conférence de presse du 26 janvier dernier en reconnaissant que dans le domaine de la gestion des matières résiduelles, nous n’étions pas les leaders que l’on souhaiterait être.

Reconnaître ses lacunes n’est pas une marque de faiblesse, au contraire, il s’agit de la première étape vers la mise sur pied d’un autre énorme chantier dans le domaine de la gestion des matières résiduelles. Un chantier qui nous amènera à voir les choses différemment, à innover, à être agiles pour employer une expression à la mode.

Il faut absolument donner suite au rapport du BAPE sur L’état des lieux et la gestion des résidus ultimes. Il faut que l’ensemble des intervenants impliqués dans le domaine de la gestion des matières résiduelles soit mis à contribution et travaille de concert afin d’amener des propositions et des pistes d’action claires et concrètes.

Et oui, il faut aussi réaliser que ce que nous avons fait depuis les 20 dernières années n’a pas toujours répondu à nos attentes. Il faut aussi comprendre que poursuivre dans la même voie, en pensant que nous faisons déjà ce qu’il faut, ne nous permettra pas de devenir les leaders que nous méritons d’être dans ce domaine.