Fiche d'information C1

Site de compostage à St-Michel

Usine de Biométhanisation
Ville de Sainte-Hyacinthe

Digestats

La biométhanisation et le compostage

Le compostage et la biométhanisation sont des procédés de stabilisation des matières organiques par des microorganismes en vue de les recycler comme amendement organique. La matière organique ainsi traitée évite l’élimination, ainsi que la génération de biogaz dans les lieux d’enfouissement.

Le compostage (digestion aérobie) est la dégradation des matières organiques en présence d’oxygène (à l’air libre). Il produit un compost stable, sans produire de méthane.

La biométhanisation (digestion anaérobie) est un processus de valorisation des matières organiques qui produit un digestat et des biogaz (incluant du méthane) en absence d’oxygène. Le digestat peut être valorisé par épandage direct ou peut être composté à des fins d’amendement des sols. Les biogaz, pour leur part, peuvent être utilisés notamment comme gaz naturel.

État des lieux au Québec

Au Québec, en 2018, près de 5,2 millions de tonnes de résidus organiques ont été générées. La Politique québécoise de gestion des matières résiduelles et son plan d’action 2011-2015 envisageaient la possibilité de bannir les matières organiques putrescibles de l’élimination en 2020.

Pour le gouvernement du Québec, le détournement des matières organiques de l’élimination passe principalement par la collecte municipale des matières organiques et leur traitement par biométhanisation ou compostage. En 2018, moins de la moitié des municipalités du Québec proposait la collecte des matières organiques aux citoyens.

Le Québec compte actuellement plus de 40 sites de compostage et 3 usines de biométhanisation. Des projets sont en cours pour 11 plateformes de compostage et 4 usines de biométhanisation supplémentaires.

Position du FCQGED sur cet enjeu

  • La biométhanisation et le compostage ont pour objectif le détournement des matières organiques de l’élimination, et leur recyclage. La production de biogaz n’est donc pas la finalité, mais bien une activité secondaire du procédé de biométhanisation;
  • Trop d’emphase est mise sur la production de méthane dans les projets d’usines de biométhanisation et pas assez sur le traitement et la valorisation des matières organiques;
  • La production de méthane ne doit pas être une fin en soi et son introduction dans le réseau de distribution de gaz naturel ne doit pas servir à occulter l’importation et la distribution de gaz de schiste;
  • La biométhanisation est un procédé nettement plus coûteux que le compostage;
  • Les procédés de biométhanisation en cours au Québec éprouvent des difficultés à produire du digestat ou du méthane de qualité. Le compostage, au contraire, offre de bons résultats;
  • Certaines installations de biométhanisation ne suscitent pas l’acceptabilité sociale de la part de leurs communautés hôtes.

RECOMMANDATIONS DU FCQGED

  • Viser le bannissement des matières organiques de l’élimination;
  • Favoriser le respect de la hiérarchie des 3R (réduction à la source, réemploi, recyclage), notamment par la lutte aux pertes et gaspillage alimentaire;
  • Lorsque possible, favoriser le compostage et ce, le plus local possible

    • Compostage domestique et herbicyclage
    • Compostage communautaire
    • Compostage par collecte municipale;
  • Si les conditions ne permettent pas le compostage, procéder à la biométhanisation. Ce procédé doit être effectué dans une perspective de recyclage de la matière organique (compostage et recyclage du digestat produit). La production de biogaz lors du processus de biométhanisation devrait être une activité secondaire, bien qu’obligatoire;

  • Encourager les producteurs à se conformer à la norme Amendements organiques — Digestats issus de la biométhanisation. du Bureau de normalisation du Québec.

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